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J’attends rien de toi (mais faut que ça vienne)

CELUI-QUI. CELUI-QUE. Le premier aurait vu quelque chose. L’autre refuse d’avoir vu quelque chose. Entre eux, un jeu de dupes qui s’est déjà joué mille fois, et qui continuera à être le lien qui reste, qui les empêche de partir. Et au milieu, Elle, leur trace. La mémoire de leurs corps.

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[…]

il suffirait de glisser un mot encore un
car toujours
exister pour vivre
et retrouver dans les axes
pour un relent de poésie
l’amour rigide
le souffle vide
du béton
ou bien sectionner le rachis cervical d’un coup sec pour ne plus serrer de mains larges franches
dans chaque poignée de main sincère louvoie
un renoncement
la caresse d’un ailleurs et les pores qui murmurent se haïssent mais la courtoisie est là bien là toujours en place qui rappelle au bon souvenir de la peau
le renoncement collectif
alors on trouve un chemin
on libère une trêve
en écoutant l’épiderme en lui réservant tout l’amour d’une mère pour sa portée
pendant qu’ailleurs ils mettent bas
et que les mots coulent à flot
au lieu de vivre pour l’épure
on dit
l’esclave est homme
on dit on ne sait plus très bien
qui a sorti les mots d’un horizon vertical on dit l’ordre fait sens
on dit qu’il paraît
on dit qu’enfin on croit
on dit on en mettrait sa main à couper
on dit enfin peut être
on dit faut voir
on dit et on ridiculise l’imaginaire

[…]

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[…]

CELUI QUE. tu crois que je vivrai vieux
CELUI QUI. je sais pas
CEUI QUE. et toi
CELUI QUI. je sais pas
CEUI QUE. et
CELUI QUI. (coupe) je sais pas
(silence gêné)
après tout on naît vieux
on se dit qu’on va bien l’oublier un jour ou l’autre mais tout ce qu’on fait c’est rajeunir le poids des choses
oui on naît vieux
puis le moment vient doucement
le moment où
on conscientise
on s’apparaît
on se réinvente
et maintenant?
CELUI QUE. maintenant?
CELUI QUI. oui maintenant
tu t’acceptes
je m’accepte
et
ça finit là
bêtement?
ou bien tu vas chercher le souvenir
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l’impression première
revivre l’arrivée les pas la descente le long des centimètres l’acier austénitique le passage l’oeil rivé sur le drap les verticales qui t’empêchent de t’y attarder les cravates qui font le guet
les gens qui passent
qui ne savent plus très bien s’ils ont le droit de vivre encore quand juste à côté ça meurt
ni vraiment là
ni vraiment ailleurs
entre deux
au milieu de
et tout le béton qui se froisse
et qui attend encore et toujours et encore et toujours
le suivant

[…]